Richard Reys (1893–1936)

Guerre, devoir et adieux prématurés

Né à la fin d'un siècle

Richard Reys naquit le 28 novembre 1893 à Dottignies, fils de Jean-Baptiste Reys et de Julia Vandenbroucke. Il grandit à une époque de profonds bouleversements mondiaux, où la vie des familles ouvrières restait difficile et incertaine.

À la fin du XIXe siècle, la Belgique était un jeune pays, mais les inégalités sociales étaient criantes. Richard grandit au sein d'une famille nombreuse, où le travail et les responsabilités faisaient partie intégrante du quotidien dès son plus jeune âge.

L'engagement militaire

Le 15 septembre 1913, à moins de vingt ans, Richard fut appelé sous les drapeaux dans l'armée belge. Il reçut le matricule 2180 et fut nommé soldat de deuxième classe au 3e régiment de chasseurs à pied, alors stationné à Tournai.

Pour Richard, ce fut une rupture brutale avec la vie civile. Ce qui semblait au départ un service militaire obligatoire allait bientôt dégénérer en l'un des conflits les plus brutaux que l'Europe ait jamais connus.

La Première Guerre mondiale

En août 1914, la Première Guerre mondiale éclate. La Belgique est entraînée dans un conflit d'une ampleur sans précédent. Richard est au front, au sein de l'infanterie belge retranchée sur l'Yser.

Durant la guerre, l'armée belge est réorganisée à plusieurs reprises. Richard est transféré du 3e régiment d'infanterie au 6e régiment d'infanterie, un régiment initialement dissous en raison de lourdes pertes, puis rétabli lorsque des effectifs suffisants sont disponibles.

Bien que l'infanterie belge n'ait pas participé à des batailles comme Passchendaele, la vie sur le front belge est loin d'être paisible. Bombardements d'artillerie quotidiens, attaques au gaz et privations font des ravages.

Richard, comme beaucoup d'autres soldats, est exposé aux obus à gaz. Cette exposition aura plus tard de graves conséquences sur sa santé.

Retour à la vie civile

Après la fin de la guerre, Richard retourne à la vie civile. Il tente de reconstruire sa vie, mais la guerre a laissé des traces indélébiles, tant physiques que psychologiques.

Il épouse Emerence De Pape et, ensemble, ils ont plusieurs enfants. La famille s'installe à Sint-Kruis, où Richard travaille comme agriculteur et charretier. Malgré sa santé fragile, il continue d'assumer son rôle de père et de mari.

Une famille pleine de vie et de deuil

Le mariage de Richard et Emerence est béni par la naissance de plusieurs enfants, mais même ici, la vie reste difficile. Plusieurs enfants meurent peu après leur naissance, une réalité tragique qui marque profondément la famille.

Les enfants survivants grandissent dans un foyer où l'amour, le travail et l'attention sont indissociables, mais où l'ombre de la guerre demeure omniprésente.

Une fin prématurée

Les séquelles des expériences de guerre de Richard continuent de le hanter. L'exposition aux gaz et les épreuves du front ont durablement affaibli son corps.

Le 15 septembre 1936, Richard Reys décède à l'âge de 43 ans. Il est inhumé au nouveau cimetière de Sint-Kruis, où sa tombe se trouve encore aujourd'hui.

Sa mort laisse derrière elle une jeune famille et marque la fin d'une vie profondément marquée par la guerre.

Héritage

Richard Reys symbolise une génération qui a perdu sa jeunesse à cause de la guerre. Il n'était pas un héros des livres d'histoire, mais un homme ordinaire qui a fait son devoir et en a payé le prix fort.

À travers ses enfants, son nom perdure et son histoire constitue un chapitre essentiel de la chronique de la famille Reys.