Jean-Baptiste Reys (1872-1954)

Une vie qui traverse les générations

Jean-Baptiste Reys naquit le 13 novembre 1872 à Kooigem, à une époque où la Belgique connaissait de rapides mutations. Le chemin de fer reliait les villes, l'industrie se développait et le monde s'étendait plus que jamais. Pourtant, pour de nombreuses familles, dont celle de Jean-Baptiste, la vie restait profondément ancrée dans le travail, la famille et les liens locaux.

Son enfance ne fut pas épargnée par le deuil. Le 12 octobre 1885, alors qu'il avait douze ans, sa grand-mère paternelle, Amelia Josepha Gahide, décéda à Dottignies. Ce fut son premier contact avec la mort, une réalité qu'il allait côtoyer fréquemment tout au long de sa vie.

Une famille à lui

Le 24 juin 1893, à l'âge de vingt ans, Jean-Baptiste épousa Julia Vandenbroucke à Bellegem. Ensemble, ils fondèrent une famille, d'abord à Dottignies, puis à Kooigem. Leur jeune union fut bientôt bénie par la naissance d'enfants.

Le 27 novembre 1893, leur fils Richard Reys naquit à Dottignies. La vie semblait suivre son cours, mais joies et peines restaient intimement liées. En avril 1894, le grand-père de Jean-Baptiste, Joseph Rys, décéda, un autre deuil pour la famille.

Les années suivantes virent la famille s'agrandir :

  • Aurore Reys naquit le 20 septembre 1896
  • Augusta Reys naquit le 6 mai 1901
  • Cyrille Reys naquit le 30 avril 1903
  • Marie Reys naquit le 27 octobre 1907
  • Michel Reys naquit en 1912

Jean-Baptiste était père à une époque où les familles étaient nombreuses, mais aussi fragiles. Chaque enfant représentait un espoir, mais l'avenir n'était jamais acquis.

Vivant dans un monde en pleine mutation.

Jean-Baptiste participa activement aux grands événements de son temps. En 1896, les premiers Jeux olympiques modernes furent organisés, symbolisant une nouvelle solidarité internationale. Mais quelques décennies plus tard, le monde allait de nouveau être déchiré.

En 1915, il perdit sa mère, Fideline Briez. Trois ans plus tard, en 1918, sa sœur, Maria Zulma Rys, décéda au moment même où l'Europe était frappée par la grippe espagnole. L'épidémie fit des millions de victimes à travers le monde et laissa également de profondes cicatrices dans sa famille.

Le 11 novembre 1918, la Première Guerre mondiale prit fin. Pour Jean-Baptiste, alors âgé de 46 ans, ce fut non seulement un soulagement, mais aussi la prise de conscience qu'une génération entière avait été marquée à jamais.

Devenir grand-père

En 1919, son père, Jean-Baptiste Rys, décéda, une autre perte qui bouleversa les liens familiaux. Pourtant, la vie apporta aussi de nouvelles joies. Jean-Baptiste vit ses enfants devenir parents à leur tour.

Entre 1920 et 1934, plusieurs petits-enfants naquirent, parmi lesquels :

  • Léon Joseph Marie Reys, décédé à l'âge de onze jours seulement ;
  • Raymond Reys (né en 1922), qui deviendra plus tard une figure importante de la famille ;
  • Joseph Reys; 
  • Diana Reys;
  • Rémi Eligius Reys;
  • Angèle Reys;

Le deuil demeure une constante : plusieurs petits-enfants meurent à la naissance ou peu après. Ces tragédies silencieuses marquent la famille sans pour autant la briser.

En 1929, Jean-Baptiste subit le krach boursier de Wall Street, prélude à la Grande Dépression. L'incertitude économique est palpable, même en Flandre.

La vieillesse et des adieux douloureux

Le deuil le plus profond le frappe en 1936, lorsque son fils Richard Reys décède à Sint-Kruis, à seulement 43 ans. Jean-Baptiste perd un fils et voit ses petits-enfants perdre leur père – une douleur qu'aucun parent ne devrait avoir à endurer.

Pourtant, il continue de voir naître l'espoir. Il a assisté à la fin de la Seconde Guerre mondiale en mai 1945 et a vu son petit-fils, Raymond Reys, se marier et fonder une famille.

Même dans ses dernières années, la famille s'est agrandie, avec la naissance de petites-filles comme Micheline Reys (née en 1949) et Cécile Reys (née en 1950).

Fin d'une longue vie

Le 14 mai 1954, Jean-Baptiste Reys s'éteint à Dottignies, à l'âge de 81 ans. Sa vie a traversé une période exceptionnelle : de la fin du XIXe siècle jusqu'à l'après-guerre.

Il était :

fils

époux

père

grand-père

et témoin silencieux de la guerre, du progrès, des crises et de la reconstruction.

Avec sa disparition, une génération qui avait porté près d'un siècle d'histoire s'éteint, mais à travers ses enfants et petits-enfants, son histoire perdure

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